En ce début d’été 2026, l’égalité femmes-hommes reste un chantier de fond. Entre avancées législatives et résistances culturelles, le tableau est contrasté. Où en est-on vraiment ? Le Parlement du Féminin fait le point avec des chiffres vérifiés et des témoignages de terrain.
L’IVG dans la Constitution : une victoire, pas une fin
L’inscription de la liberté d’avorter dans la Constitution française, en mars 2024, a fait date. C’était une première mondiale. Mais deux ans plus tard, la réalité est plus nuancée. Selon le dernier rapport de l’Observatoire de l’IVG (mai 2026), 72 % des femmes vivant en zone rurale doivent parcourir plus de 50 kilomètres pour accéder à un centre d’interruption volontaire de grossesse.
« Le droit existe, l’exercice coince », résume Claire Dupont, coordinatrice du Planning Familial en Occitanie. Le manque de professionnels de santé formés, combiné à la fermeture de plusieurs maternités, crée des déserts médicaux qui fragilisent l’accès effectif à l’IVG.
Violences conjugales : les chiffres qui inquiètent
Le ministère de l’Intérieur a publié ses statistiques annuelles en avril 2026. Résultat : 244 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales au cours des douze derniers mois. Un chiffre en hausse de 8 % par rapport à 2024. Cette augmentation s’explique en partie par une meilleure prise de parole, mais aussi par une intensification des violences dans certains contextes.
Le 3919, numéro national d’aide aux victimes, a enregistré 1,2 million d’appels en 2025, contre 980 000 en 2023. Une hausse de 22 % qui traduit à la fois une meilleure connaissance du dispositif et une augmentation réelle des besoins.
Écart salarial : la France progresse, lentement
L’INSEE a actualisé ses données en mars 2026. L’écart salarial moyen entre hommes et femmes en France s’établit désormais à 14,9 % en équivalent temps plein. C’est mieux que la moyenne européenne (16,8 %), mais la France reste loin de l’objectif de 5 % fixé par la stratégie nationale 2030.
Les secteurs les plus inégalitaires ? La finance (écart de 26 %), l’informatique (23 %) et l’industrie pharmaceutique (19 %). À l’inverse, la fonction publique territoriale et l’éducation nationale affichent des écarts inférieurs à 8 %.
Parité politique : les femmes au pouvoir
Après les élections législatives de 2024, l’Assemblée nationale compte 37,3 % de femmes. Un record, certes, mais insuffisant pour atteindre la parité. Au gouvernement, la répartition est plus équilibrée : 48 % des ministres sont des femmes, sous la direction de la Première ministre.
Dans les exécutifs locaux, la progression est plus lente. Seulement 18 % des maires de communes de plus de 10 000 habitants sont des femmes. La loi RIM-RAP (2023), qui impose l’alternance hommes-femmes sur les listes municipales, devrait accélérer le mouvement aux prochaines échéances électorales.
Que peut-on faire concrètement ?
- S’informer : consulter les rapports annuels du Haut Conseil à l’Égalité et de l’Observatoire des inégalités.
- Soutenir : les associations comme le Planning Familial, les CIDFF et le Collectif Féministe Contre le Viol ont besoin de dons et de bénévoles.
- Agir : signaler les discriminations via la plateforme Pharos ou contacter le Défenseur des droits.
- Voter : aux élections locales et européennes, privilégier les candidats et candidates qui portent l’égalité dans leur programme.
Les droits des femmes ne se décrètent pas. Ils se conquièrent, chaque jour, par la mobilisation citoyenne et l’exigence politique. En 2026, la France a fait des pas. Il reste des kilomètres à parcourir.
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